Des mots de cinéma


Décembre 2022

 

La profondeur de champ, terme employé en photographie et en   cinéma, désigne la zone de netteté de l’image. En combinant entrée de la lumière, focale utilisée et distance entre la caméra et les objets à filmer, il est possible de faire varier les zones de netteté d’une image. L’opération est complexe. Ainsi, on peut mettre en évidence un personnage à l’avant du plan en brouillant l’arrière ou pratiquer l’inverse. Dans un plan, certaines péripéties du récit peuvent se dérouler à diverses profondeurs de champ. Notre photo vedette illustre une légère profondeur de champ mais le meilleur exemple d’emploi de la profondeur de champ est le Citizen Kane d’Orson Welles, en 1941.

 

Le hors champ désigne des éléments (bruits ou paroles) qui sont présents dans le film mais qu’on ne voit pas; ils sont dans l’espace autour de la caméra. Ex. un narrateur raconte un événement sans qu’il apparaisse à l’écran; il est alors en voix off ou hors champ.

 

Le directeur photo est responsable de la prise de vues. Il s’occupe de l’ambiance lumineuse, de l’intensité des couleurs. En collaboration avec le réalisateur, il conçoit l'esthétique de l'éclairage et dirige diverses équipes d’électriciens, de machinistes, de cadreurs, qui voient à la position des projecteurs, du matériel de tournage, des caméras. Il peut conseiller sur le type de pellicules à utiliser et participer au montage des films en indiquant les meilleures prises à retenir. En général, les réalisateurs travaillent avec les mêmes directeurs photo.

Pierre Mignot, André Turpin, Guy Dufaux, Jessica Lee Gagné travaillent aussi bien au Québec qu’à l’international. Avant eux, Michel Brault, Claude Jutra ont été de grands directeurs photo.

 

Notre photo : Philippe Noiret (Alfredo) et Salvatore Cascio (Toto qui examine les photogrammes d’une pellicule 35 mm), dans un monument à la gloire du cinéma.  Cinéma Paradiso, Giuseppe Tornatore, 1988.

 


Novembre 2022

 

Le champ est la portion d’espace (et tout ce qu’on y voit) délimitée par le cadrage d’un plan. Si je place la caméra en avant, au centre de la scène d’une salle de spectacle et que je filme cette salle, ce plan constitue le champ.

 

Le contrechamp est l’espace directement opposé au champ. Si je tourne maintenant la caméra vers le fond de la scène et que je filme ce qu’on y voit, j’obtiens le contrechamp. Ainsi tout champ a son contrechamp. Si je place une caméra entre 2 personnes qui discutent, et que je montre la personne A de face puis la personne B de face, je viens d’illustrer mon propos.

 

Au cinéma, le champ-contrechamp est d’abord une figure de tournage puis de montage qui consiste à faire alterner, habituellement à 3 ou 4 reprises, un champ donné et son contrechamp. Il a été souvent utilisé pour dynamiser des dialogues. Emploi classique : dans un restaurant, 2 personnages conversent. En champ, on montrera l’arrière de l’épaule droite du personnage A et le personnage B de face; puis en contrechamp, l’épaule arrière gauche du personnage B et le personnage A de face. Au montage, on alternera ensuite les plans à quelques reprises. Le champ-contrechamp nous donne l’impression de tourner autour des personnages.

 

La scène est tournée une première fois selon le point de vue de personnage A (ces plans au montage deviendront le champ) puis une seconde fois selon le point de vue du personnage B (ces plans deviendront le contrechamp). Le déplacement de la caméra s’effectue selon des directives précises pour éviter de donner l’impression que les personnages ont changé de position.

 

 

Notre photo : Scandale à Rome : Marcello et Sylvia (Marcello Mastroianni et Anita Ekberg) batifolent dans la fontaine de Trevi. La dolce vita, Federico Fellini, 1960.

 


Octobre 2022 

 

Le plan, unité narrative du film, a plusieurs acceptions dans le langage cinématographique.  On peut le comparer à un mot dans une phrase.

 

Le plan au tournage contient tout ce qui a été filmé, depuis la mise en marche de la caméra jusqu’à son arrêt. On peut y retrouver des indications (titre du film, plan 22, prise 3), des mots : « Moteur », « Action », « Coupez ».

 

Le plan au montage est ce qui est utilisé à l’endroit où le réalisateur veut le voir apparaître dans son film. En exemple, voici les 5 premiers plans d’un film possible, d’une durée de 6 secondes chacun.

1- Je m’éveille et je coupe la sonnerie. 2- Je prends ma douche. 3- Je déjeune. 4- J’attends le bus. 5- J’entre dans le cégep.

 

Le plan au cadrage indique la portion d’espace contenue dans le plan. On utilise plutôt l’expression « échelle de plans », adaptée librement par chaque réalisateur. Les dénominations peuvent varier selon les utilisateurs; en voici quelques-unes généralement acceptées.

 

Le plan général montre une vaste portion du décor : le plan de toute la vallée dans un western.

Le plan d’ensemble montre des personnages qui habitent le décor, des gens qui marchent dans une ville.

Le plan moyen montre un personnage en entier.

Le plan américain cadre le personnage à mi-cuisse.

Le plan rapproché cadre le personnage à la taille ou la poitrine, selon le cas.

Le gros plan cadre le visage.

L’insert est un gros plan d’un objet.

 

Notre photo : Jacques Gagnon (Benoît) et Jean Duceppe (Antoine) entreprennent leur voyage au bout de la nuit. Mon oncle Antoine, Claude Jutra, 1971.

 


Septembre 2022 

 

Un film, c’est une histoire que des artistes nous racontent avec des images, des sons, de la musique; ces éléments avec lesquels on crée les films en sont comme les mots. Depuis 1896, ils se sont érigés en véritable code, celui du langage cinématographique.

 

Qui n’a pas entendu parler de montage parallèle ou alterné, de plan-séquence, de champ-contrechamp, de contre-plongée, de plan américain ?  Qui connaît vraiment le travail du perchiste, du directeur de plateau, du producteur ?

 

Plus de 25 ans maintenant que le Ciné-Club d’Alma vous présente de brefs textes critiques, des commentaires oraux, des événements spéciaux, des documentaires, des films en version originale ou sous-titrée, du cinéma d’auteur, des classiques... sans que l’on ait vraiment entrepris avec vous une vulgarisation de tous ces mots de cinéma.

 

Quelques-uns d’entre vous nous l’ont demandé et c’est ce projet que nous vous soumettons. À partir du 1er octobre, chaque mois, nous publierons sur notre page web ou vous communiquerons autrement les principaux éléments du langage cinématographique définis clairement. Lentement, ce projet pourra se poursuivre tant que nous le voudrons. Ce sera peu à la fois. Vous pourrez nous soumettre vos idées. Ce sera clair, ce sera écrit.

 

Chaque publication sera imprimée sur fond d’image marquante de films ou de grands artistes qui ont inscrit ces trésors dans notre culture.

 

  

Notre photo : L’ouvrier (Charlie Chaplin) et la gamine (Paulette Goddard), amoureux, marchent, heureux et libres, vers leur destin. Les Temps Modernes, Charlie Chaplin, 1936.

 



 

 

 

 

                                                                  À suivre...